Rentrée scolaire : La préparer ou profiter jusqu'au bout du bout ?
- il y a 2 jours
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 1 jour

À quelques semaines de la rentrée, il y a deux écoles :
Ceux qui commencent doucement à recaler les horaires, ressortir les cartables et glisser quelques mots sur la reprise à venir.
Ceux qui préfèrent ne surtout pas prononcer le mot "rentrée" avant d'y être absolument obligés.
Alors, qui a raison ?
Tout le monde et personne ! Parce que ça dépend surtout de l'enfant ou de l'ado qu'on a devant soi...
Certains enfants ont besoin d'anticiper pour traverser cette transition sereinement alors que d'autres vivent très bien l'effet surprise de l’inconnu jusqu'à la dernière minute. Certains ados donnent l’impression de n’en avoir strictement rien à faire… tout en ayant besoin qu'on voit ce que ça leur coûte.

Côté enfant : "C'est quand la rentrée ?"
Si votre enfant vous pose cette question plusieurs fois par semaine, ce n'est pas de la mauvaise foi ni une amnésie chronique. C'est peut-être le signe que la rentrée commence à le travailler un peu et qu'il a besoin de "balises" pour se repérer dans le temps, se préparer.
Certains enfants fonctionnent naturellement mieux quand ils savent ce qui les attend. Un besoin d'anticipation d’ailleurs souvent plus marqué chez les enfants anxieux, les profils sensibles et/ou les enfants avec un TND (TDAH, TSA, Dys…), surtout si les changements et l'imprévu les déstabilisent ou leur demande beaucoup d'efforts d'adaptation.
Les indices que la rentrée commence peut-être à les travailler :
Il pose des questions répétées sur les dates, les horaires, le nom de son maître ou de sa maîtresse
Il est plus irritable ou fatigué que d'habitude sans raison apparente
Il a du mal à s'endormir ou à rester endormi
Il parle de la rentrée presque tous les jours ou au contraire, il ne veut pas en entendre parler
Et s'il n'en parle pas du tout ? Ce n'est pas forcément un mauvais signe.
Certains enfants gèrent mieux en laissant les choses venir sans les anticiper, en attendant d’y être pour y penser. Ce n'est pas forcément de l'évitement, c'est leur façon à eux de gérer l'approche de la rentrée. Ils n'ont pas tous besoin des mêmes béquilles.
Anticiper sans alimenter l'inquiétude : mode d'emploi
La clé, c'est de poser des repères concrets sans en faire un événement : On ne fait pas de conseil de famille spécial rentrée mais on glisse des informations au passage, l’air de rien, comme si c'était normal ( parce que ça l'est ! ) Et on voit ce qu’il se passe.
Si il a besoin de réponses à certaines questions, il pourra alors "crocher" le sujet. À l’inverse, si il n’est pas encore prêt à y penser, il ne relèvera surement même pas mais au moins, l’info aura été donnée ! 😊
3 astuces concrètes pour adoucir la rentrée le jour J si elle est un peu stressante :
Le bisous dans la poche : Un petit bisous au rouge à lèvres sur un petit morceau de papier glissé dans la poche pour se donner du courage dans les moments un peu plus difficiles de la journée. ( Oui oui un bisous rouge à lèvres des papas aussi c’est possible ! 😉)
Le mot doux dans la trousse : Un petit mot d’encouragements glissé dans la tousse pour lui donner de la force et lui souhaiter une bonne journée.
Le petit coeur au creux du poignet : Un petit coeur dessiner au creux du poignet pour rester ensemble même quand on est séparés.
Astuce d’instit' : On explique que le coeur s’efface au fil de la journée parce qu’on se rapproche du moment où on va se retrouver. Ca évite la panique du coeur qui s'efface et ajoute une touche de magie !

Côté ado :
"J'ai pas envie d'y retourné !"
Là, on est sur une autre chanson.
Parce que « j'ai pas envie » peut juste vouloir dire : « J'étais très bien à me coucher à 2 h du mat', me lever à 15h et voir mes potes quand je voulais, merci de ne pas interrompre ce programme, je suis bien en vacances ! » 😅
Et on comprend, les vacances c'est fait pour ça !
Mais "j'ai pas envie", ça peut aussi cacher d'autres choses : L'appréhension de reprendre une vie sociale, la pression des notes accumulée, la peur de retrouver certaines personnes ou des difficultés qui traînent depuis l'année dernière et qui n'ont pas disparu parce qu'on a changé d'année scolaire... Une vraie anxiété que les semaines de liberté ont un peu mise entre parenthèses et qui reprend de la place à mesure que la rentée approche.
Et parfois il n'en parle pas ( vraiment, vraiment pas ! ), c'est peut-être aussi parce qu'il gère à sa façon : en trouvant ses propres réponses, en parlant avec ses potes, en cherchant ses propres solutions. Les ados ont souvent besoin de régler certaines choses seuls, sans que ça devienne un débat familial ( ou que nous, les vieux qui comprennent rien ne nous en mêlions ! ). Ce silence là, ils ont besoin qu'on le respecte ( même si c'est difficile ! 😅)
Notre tentation de parent, c'est de rassurer illico à grands coups de "Ça va bien se passer", "Tu vas retrouver tes amis", "L'année sera meilleure"... Ca part d'une bonne intention mais ça coupe court à la conversation.
Ce qui peut aider : Essayer de comprendre ce que signifie SES "j'ai pas envie"
Tous les "j'ai pas envie" ne se ressemblent pas. Avant d'essayer de rassurer, avant de vouloir résoudre, on peut tenter de demander : "Tu n'as pas envie de quoi exactement ?" Une question bête qui semble simple et évidente mais qui ouvre souvent le dialogue sur les trucs qui comptent vraiment (et après on peut essayer de rassurer, de résoudre, etc..)
Au cabinet, j'entends souvent
Chaque année en septembre, je remarque que la rentrée, ça remue des choses chez les enfants mais chez les parents aussi...
Parfois, ce qu'on prépare pour son enfant, c'est autant pour lui que pour soi.
Un moyen, souvent inconscient d'apprivoiser nos propres inquiétudes, d'avoir l'impression de faire quelque chose d'utile face à quelque chose qu'on ne maîtrise pas, de garder un peu le contrôle. C'est pas un défaut, juste humain !
Ce qui compte, ce n'est pas d'avoir le bon niveau d'anticipation sur le papier, la méthode parfaite ou le tuto idéal "comment bien préparer la rentrée". Juste on s'adapte, à lui, à elle, à nous et on se fait confiance pour (re)trouver le rythme de cette reprise.
En résumé
Préparer la rentrée ne veut pas forcément dire parler de la rentrée.
On peut remettre progressivement quelques repères, préparer deux ou trois choses concrètes, remettre le sommeil dans une zone vaguement compatible avec le rythme de vie scolaire tout en laissant les vacances être des vacances jusqu'au bout du bout.
On adapte le niveau d'anticipation à l'enfant ou à l'ado en face ! Pas à ce qu'on lit sur Internet, pas à ce que fait la voisine, ni à ce que belle-maman faisait à son époque. On observe l'enfant ou l'ado qu'on a devant soi, on écoute ses questions, on lui demande ses besoins ( ou on tente de les deviner 😅! ) et on s'ajuste à lui, ensemble...
Commentaires